Habiller l’espace

CONTEXTE ET PROBLÉMATIQUE

Dans un monde où nous sommes de plus en plus incités à la consommation, la communication est présente partout autour de nous et habille ainsi l’espace. Nous en voyons tellement, qu’on la normalise jusqu’à ne plus y prêter une grande attention. Pourtant, peu importe l’endroit où nous nous trouvons, il est impossible d’y échapper, aussi bien à l’intérieur d’entreprises, de magasins ou même de maisons, mais aussi et surtout en extérieur.

Quelles sont les différentes formes d’art qui viennent habiller notre quotidien ? Comment peut-on lier communication visuelle avec œuvre d’art ?

LA COMMUNICATION

Premièrement, si la communication et l’art sont partout autour de nous, c’est parce que les entreprises se sont emparées de ce moyen très impactant.

En effet, la publicité extérieure s’affiche maintenant sur le bâti, notamment dans les lieux de passage, d’achat et de circulation.

De nos jours, lorsque nous pensons communication extérieure, nous pensons principalement à l’affichage urbain et donc aux grandes, voire très grandes affiches prints que l’on peut apercevoir sur les panneaux publicitaires, dans nos transports par exemple, ou même sur des vitrines de magasins.

L’affichage est parfois tellement utilisé, que l’on vient à se demander s’il n’en perd pas sa fonction première en noyant complètement l’information.
Par exemple, dans un lieu comme Times Square, véritable temple de la pub, comptant plus d’une centaine d’écrans et notamment le plus grand au monde (100 m de long sur 14 de haut), la communication visuelle est si présente que l’on ne sait plus où regarder.

Chaque publicité essayant d’être plus visible qu’une autre, nous sommes submergés d’informations car nous en recevons en moyenne 6 000 quotidiennement, ce qui provoque une non-assimilation de l’ensemble à notre cerveau. Si les individus ne sont pas stimulés par un sentiment fort ou une sensation lors de la perception d’un visuel ou d’un message publicitaire, l’information ne sera pas traitée par le cerveau.

N’est-il pas problématique de ne pas réussir à se faire voir lorsque c’est l’objectif désiré ? Voilà le principal problème de la communication de masse.

De nombreux autres moyens de communication sont de plus en plus déployés pour venir impacter nos paysages afin de marquer nos esprits.

Parmi ces moyens, nous retrouvons le street marketing visant à utiliser le paysage urbain pour communiquer, et cela dans certains cas en détournant le mobilier comme objet de publicité.

Exemple bien connu de la marque Kit Kat, qui a dérivé un banc en barres de kit kat. Cela a surpris les passants, provoquant en eux de l’émotion et rendant cet objet mémorable. Et les idées ne manquent pas ! Nike pense à personnaliser des poubelles dans la rue pour en faire des paniers de basket de la marque. Mr Propre joue avec les passages piétons en peignant une des bandes en blanc à côté des autres grisonnantes, pour faire comprendre que leur produit nettoie tout. Sprite installe un distributeur géant de boissons (soit disant) pour remplacer les douches de la plage.

Bref, il existe des centaines et des centaines d’opérations marketing qui marquent les esprits des individus, mais celles-ci, très coûteuses, sont souvent réalisées par de grandes entreprises internationales, qui ont déjà une certaine notoriété en termes de communication et de publicité.

L’ART ET LA COMMUNICATION

Qu’en est-il à plus petite échelle ?

Pour éviter de se fondre dans la masse d’informations, l’art est de plus en plus utilisé dans la communication pour habiller l’espace.

En effet, l’art se démocratise de plus en plus dans nos villes et dans nos rues, afin de rendre plus appréciable notre paysage urbain, lui-même de plus en plus envahi par de hauts bâtiments, créant des environnements faits de béton et de pierres.

Parmi les différentes formes de communication par l’art, se trouve le street art. Longtemps associé à du vandalisme, cet art connaît désormais un réel essor étant maintenant considéré comme une façon forte de communiquer et de revendiquer ses idées, de faire passer des messages.

Des artistes tels que Shepard Fairey ou Banksy se sont servi de cet art pour revendiquer des messages forts.

De plus, il cible plus particulièrement une tranche d’âge relativement jeune, ce qui est tout à fait bénéfique aux entreprises, mais attire également la curiosité des plus âgés. En utilisant le street art pour communiquer, elles réussissent à faire tomber des barrières sociales et à intéresser un plus grand public. Que l’on soit acteur ou spectateur, l’art en général fait appel à nos émotions, à notre imaginaire et sait se faire apprécier de tous. Du portrait réaliste à la création abstraite en passant par des phrases, les murs où l’on peut trouver du street art peuvent être de très petites tailles, comme immenses, et ce pour le bonheur de tous.

Au street art viennent s’ajouter d’autres formes d’art, tels que la photographie, la sculpture, le land art ou encore la décoration événementielle.

Concernant la photographie, qu’il s’agisse d’immenses toiles tendues ou encore d’expositions dans la rue sur divers sujets, elle véhicule un message fort et réaliste qui appelle à la curiosité.

La sculpture, qu’elle soit abstraite ou qu’elle vise à rendre hommage à une personne ou un évènement, est un moyen indémodable de communiquer, raconter une histoire et partager son art.

Le land art consistant à habiller l’espace avec le paysage lui-même, communique généralement de manière éphémère mais avec originalité. Cette tendance permet de révéler la beauté parfois cachée du monde qui nous entoure.

Enfin, la décoration effectuée lors d’un événement telles que les fêtes de Noël, est l’exemple parfait d’une communication qui habille l’espace. Que ce soit dans les vitrines de magasin, dans des lieux publics ou dans des événements prévus à cet effet, de tailles plus ou moins imposantes, avec ou sans jeux de lumière, la décoration événementielle envahit nos rues chaque année pour nous émerveiller chaque fois un peu plus.

Dans l’ensemble, l’objectif des artistes qui habillent l’espace est d’animer les villes et les rues, de fournir une information dynamique, mais aussi de capter l’attention de tous et parfois même d’un public visé.

CONCLUSION

Pour résumer, l’habillage de nos villes peut avoir plusieurs buts : qu’il soit pour permettre à une entreprise de communiquer, ou tout simplement pour décorer le paysage, il est souvent plébiscité car il provoque parfois un sentiment de surprise chez les individus, d’autant plus si celui-ci est apprécié de tous, il saura marquer son auditoire. Dans certains cas, nous pouvons même aller jusqu’à lier la communication visuelle avec le terme d’œuvres d’art.

Quoi qu’il en soit, nous nous languissons déjà de voir de nouveaux artistes modifier notre environnement avec de nouveaux procédés novateurs, ou non.

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